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Obsah správy: Les sons de l’Asie et de Madagascar à l’Exposition coloniale internationale de 1931

Chaque mois, Europeana Music est animée par un invité afin de mettre en valeur la grande variété de musique disponible surEuropeana.

En ce mois de novembre, la Bibliothèque nationale de France (BnF) vous présente quelques sons de l’Exposition coloniale internationale de 1931 et vous fait voyager à travers le temps et l’espace à la visite des musiques de Bali, d’Inde, du Laos, du Vietnam, du Cambodge et de Madagascar.

Ecoutez l’enregistrement “Sabat-sabing“, joué par les musiciens ci-dessous. Toutes les informations relatives à cet enregistrement sont disponibles sur Europeana Music. 

Laos: orchestre de théâtre laotien, page 16, Exposition coloniale internationale de Paris (1931) Photographe : Paul Pivot. Source : Bibliothèque nationale de France (CC-BY-SA)

Tenue à Paris de mai à novembre 1931, l’Exposition coloniale internationale avait pour but de présenter au public ce que l’on considérait alors comme les bienfaits politiques, économiques et sociaux de la colonisation.

En cette même année 1931, le Musée de la Parole et du Geste (héritier depuis 1928 des Archives de la Parole fondées en 1911) était la seule institution en France chargée de la production et de la conservation d’un patrimoine sonore.

L’idée naquit alors d’une Anthologie musicale pour « profiter » de la venue à Paris d’un grand nombre d’ « indigènes » et enregistrer les langues, parlers, chants… des colonies.

On sait que la mise en spectacle des colonies a été un des éléments fondamentaux de l’Exposition coloniale, destiné à « vendre » auprès du grand public les bienfaits des colonies et de la Grande France.

On assiste de plus au début des années 30 à une véritable ouverture aux musiques du monde.

Madagascar. Cinq joueurs de valihas, page 48, Exposition coloniale internationale de Paris (1931)]. Photographe : Paul Pivot. Source : Bibliothèque nationale de France (CC-BY-SA).

Le Musée de la parole s’inscrit donc dans une histoire en train de s’écrire et va enregistrer 176 disques 78 tours de l’oralité : chant – paroles – venue des colonies

Particularité de cette anthologie, elle témoigne d’un discours scientifique – le Musée de la Parole et du Geste est étroitement lié à l’Université de Paris – qui s’inscrit néanmoins :

  • à la fois dans un discours de propagande, celui de l’Exposition coloniale ;
  • et dans un discours commercial, la firme Pathé qui contribue largement à ces enregistrements entend bien en profiter pour commercialiser ces enregistrements.

Au final ce que donne à entendre cette anthologie c’est une sorte de topographie, peut-être des colonies, mais surtout de la représentation qu’on peut en avoir en Occident : quand on écoute les enregistrements, on a à faire à des types d’interprètes et à des types de répertoires très différenciés, qui témoignent du plus ou moins grand degré de considération qu’on a pour les groupes de population concernés.

Parmi les nombreux pays présents à cette Exposition, l’Asie était fortement représentée avec notamment Bali, l’Inde, le Laos, le Vietnam et le Cambodge. Deux remarques peuvent être faites sur leurs musiques :

  • d’une part, on est face à des musiques savantes, voire extrêmement savantes, interprétées par des troupes professionnelles ;
  • d’autre part, ce sont des musiques de représentation : musiques rituelles, musiques de cour, de cérémonie, de théâtre…

Le continent africain n’y est pas en reste. Madagascar nous permet de découvrir des musiques populaires, où dominent les chœurs et la valiha, l’instrument à cordes dominant des musiques traditionnelles de Madagascar, mais interprétées par les membres d’un orchestre Mpilalao tout à fait professionnel, qu’on retrouve sur beaucoup d’enregistrements commerciaux de l’époque de marques comme Pathé, Columbia, Gramophone…

Il faut souligner qu’avec 21 disques enregistrés, soit 42 faces, Madagascar représente le plus gros corpus enregistré à l’Exposition coloniale.

Nous vous invitons à découvrir ces témoignages d’un monde révolu.

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